Le Tribunal administratif renvoie Alsace Nature dans ses buts

L’arrêt rendu le 29 mars 2013 par le Tribunal Administratif de Strasbourg rejette le recours déposé par Alsace Nature contre le contrat de concession du GCO, estimant que l’association n’avait pas intérêt pour agir contre ce contrat, et qu’elle n’apportait pas d’argument contre le décret l’approuvant. L’association fait savoir « qu’elle a d’autres fers au feu » et annonce d’autres recours.

Un choix strictement politique

L’utilité publique du GCO a été définitivement confirmée par le Conseil d’Etat en mars 2010, lorsque l’ultime recours déposé par Alsace Nature contre la DUP a été rejeté. N’acceptant pas cette décision, l’association poursuit son combat en attaquant tous les actes de mise en œuvre du projet. Le Tribunal Administratif de Strasbourg a rappelé que parmi les mesures de mise en œuvre du GCO, figurent explicitement des actions de protection de l’environnement encore à venir. Il renvoie ainsi l’association à ses objectifs, tels qu’ils figurent dans ses statuts, et estime en conséquence qu’elle n’a pas intérêt pour agir contre le contrat de concession proprement dit.

Où sont les écologistes ? Il n’y a plus que des procéduriers

Dans une opération d’aménagement de l’ampleur du GCO, le concessionnaire a besoin de mobiliser de fortes compétences écologiques, compte tenu des obligations aujourd’hui imposées aux grands projets. Cette capacité à prendre les contraintes en compte est une des composantes de la réponse à l’appel d’offres de l’Etat. Et il reste des étapes importantes sur ce sujet : saisine du CNPN, Loi sur l’Eau….

Alsace Nature prend le parti de l’opposition systématique à toutes les composantes du projet. Pourtant, le GCO se fera, et le concessionnaire sera bien obligé de respecter l’ensemble des contraintes imposées par l’Etat. Par le passé Alsace Nature jouait certes la contestation, mais avait dans son sein des compétences écologiques fortes qui permettaient un bon niveau de négociation pour aboutir à un compromis acceptable par tous. Cette époque est bien révolue.

Ces compétences sont pourtant toujours présentes dans les associations membres, mais la stratégie jusqu’auboutiste de la structure fédérative au dessus bloque tout le dispositif. Tout contact avec le concessionnaire est refusé par Alsace Nature.

Et les membres de base de ces associations fédérées se demandent à quoi servent leurs cotisations : à payer des avocats et des frais de justice ou à promouvoir des actions de protection de l’environnement ?

Il faut juste espérer que des écologistes de terrain apportent au concessionnaire la nécessaire perception locale de toutes les interactions écologiques pour éviter, compenser, réduire les impacts sur l’environnement du projet.