Premiers éclairages sur la transformation de l’A35 en boulevard urbain

Alors que l’ADEUS a lancé une démarche sur la transformation de l’A35, les opposants au GCO sont souvent également opposés au projet de boulevard urbain. C’est un projet complexe, mais un véritable enjeu pour l’agglomération. 

Qui est contre la transformation de l’A35 en boulevard urbain

Quels sont sommairement les objectifs de la transformation de l’A35 en boulevard urbain ?

  • Créer une relation urbaine entre le centre et la périphérie ouest de l’agglomération de Strasbourg
  • Réduire la circulation sur l’A35, et en conséquence limiter la pollution de l’air

A partir de là, tout se complique. Si le boulevard réduit le trafic, on accèdera plus mal à Strasbourg. Mais pour faire un boulevard, il faut commencer par sortir tout ou partie du trafic de transit, dont on sait qu’il représente 20% du trafic total. Or pour sortir ce trafic de transit, il faut réaliser le GCO.

Donc, quand on est opposé au GCO, on est opposé au boulevard urbain. CQFD.

On peut en conclure que les acteurs opposés au GCO et également opposés au boulevard urbain se satisfont de la situation actuelle, une autoroute surchargée qui coupe la ville, sachant que les préconisations alternatives ne sont guère opérationnelles. Voir les fiches transports collectifs et étude TTK. Les opposants sont  EELV, Alsace Nature, Unser Land (Andrée Munchenbach) et de quelques autres, chez lesquels on retrouve les mêmes propositions de transport fluvial (ils n’ont visiblement jamais tenté de faire charger un conteneur au port sans prendre l’A35), de transport collectif, avec lequel tout le monde est d’accord, et d’opposition au péage.

La perspective d’un boulevard urbain est un enjeu majeur pour l’agglomération

Il doit trouver un consensus –forcément relatif- des habitants, des usagers de l’A35, des acteurs économiques et des acteurs publics amenés à financer la transformation de l’A35. C’est un projet à moyen/long terme. A l’initiative de Robert HERRMANN, président de l’Eurométropole et l’ADEUS,  cette agence  conduit depuis l’été 2016 une démarche sur le sujet de la requalification de l’A35. On aurait pu penser qu’un démarrage de la réflexion il y a quelques années aurait fait gagner du temps. Mais au vu des enjeux financiers, il n’est pas acquis qu’on serait allé beaucoup plus vite.

Un projet complexe

Pour autant, le projet de boulevard urbain n’est pas simple, ni dans son ampleur (d’où à où), son financement et plus encore sa programmation avec le calendrier associé. Plusieurs articles y seront consacrés dans le blog.

Il n’est pas simple notamment car il faudra le réaliser «en milieu occupé », c’est-à-dire tout en continuant à acheminer le trafic, même réduit pas la réalisation du GCO. Et contrairement à des exemples d’autres grandes villes, il n’y a pas de substitut possible.

Dans la conférence organisée par l’ADEUS avec comme intervenant  l’urbaniste Paul LECROART le 9 février 2017 à la MISHA (Maison des Sciences de l’Homme à l’UNISTRA), ont été présentés les projets de transformation en boulevard urbain à San Francisco, Montréal, Portland, New York, Séoul et Vancouver. Un certain nombre de ces villes présentent un système de voirie orthogonal à l’américaine, avec des axes parallèles à l’axe à reconfigurer, en mesure d’accueillir le trafic reporté pendant les phases de travaux. Ce n’est pas le cas de Strasbourg. Par ailleurs aucun des exemples présentés ne portait sur le niveau de trafic que nous connaissons sur l’A35, ni sur la longueur totale de l’infrastructure à requalifier. Et sans parler de la relation entre la taille de l’agglomération et l’ampleur du projet. Sans développer plus avant le cas de Strasbourg (ce n’était pas l’objet), M. Lecroart a souligné ces différences.

En faire un projet exemplaire pour l’agglomération

Ces obstacles ne doivent pas décourager les acteurs publics. C’est le moment de mettre en place une opération innovante, peut-être en lançant un concours, associant urbanistes et professionnels du transport et des infrastructures. Voire  trouver pour ce faire un financement européen. Une opération exemplaire pourrait contribuer à dynamiser l’agglomération – pas pour « faire du béton » (on entend déjà les partisans de l’immobilisme) mais pour donner une cohérence à l’ouest de la ville et rattacher ce territoire à la dynamique urbaine.

En effet, « En regardant le plan de Strasbourg, on voit deux mondes. D’un côté une ville dense avec le tram, de l’autre un archipel autour d’une autoroute » : Paul Lecroart.

Cette vision des choses, deux urbanistes strasbourgeois l’ont bien comprise et ont développé des hypothèses depuis plusieurs années. Michel Messelis et Micha Andréieff (voir une des présentation p.28/29 du texte de la CCI sur l’accessbilité de Strasbourg)  avec plusieurs possibilités: une urbanisation forte permise par l’ouverture de l’arrière de la gare à l’ouest, ou autre hypothèse, le développement d’une coulée verte le long d’un boulevard. Alfred Peter, paysagiste urbaniste, qui a beaucoup travaillé pour la collectivité sur l’insertion urbaine du tram, a consacré en janvier 2015 une session de formation d’urbanistes qu’il animait- au même sujet. Ces travaux préliminaires nécessiteront encore bien des développements…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En résumé, ne pas se décourager face à la difficulté du projet : le sujet est trop important pour l’avenir de la ville. Et revenir constamment dans la méthode au double objectif, développement urbain et l’amélioration des conditions de circulation et de qualité de l’air.