Législatives et GCO

Dans la 4eme circonscription du Bas-Rhin, concernée par le tracé du GCO, les candidats ne souhaitent visiblement pas que ce sujet soit au cœur de la campagne électorale. En revanche, les opposants espèrent pourvoir compter sur une intervention de Nicolas Hulot.

Le GCO n’est pas un sujet central des législatives, même dans les communes du tracé

Le 1er juin, à quelques jours des élections législatives, Rue 89 Strasbourg titre : « Législatives : à l’ouest de Strasbourg, les candidats sont presque tous contre le GCO mais en débattront peu. » 

Il est vrai que dans la 4eme circonscription du Bas-Rhin, le GCO pourrait légitimement constituer un sujet de campagne,. Mais visiblement, aucun des principaux candidats ne souhaite mettre ce dossier en première ligne de sa campagne. Un projet qui suscite et c’est inévitable, des oppositions dans les communes, mais est aujourd’hui bien engagé est donc un objet politique à manier avec précaution, d’autant que face à des opposants toujours vigilants, une majorité moins active dans les médias attend tranquillement que  l’autoroute se construise.

Les candidats des principaux partis

Sophie Rohfritsch, députée LR sortante et qui se représente, a de longue date fortement soutenu le projet du GCO. Elle pose une question au gouvernement socialiste (en 2012): … « Aujourd’hui, le GCO s’impose comme seule solution pertinente à la situation de saturation désormais quasi permanente dont souffre notre réseau autoroutier ». Aujourd’hui (en 2017), elle s’interroge dans sa campagne sur la mise en en œuvre des projets « d’accompagnement » du GCO qui pourrait obérer sa pertinence : la VLIO et la requalification de l’A35, lesquels à son sens ne seraient plus prioritaires ( ?). Et du coup elle laisse planer un doute sur son soutien au projet, sans aller jusqu’à s’y opposer. On ne sait jamais….François Fillon avait fait 25, 46 % des voix dans cette circonscription.

Du côté des radicaux de gauche, le candidat qui se présente avec le soutien du PS, est le seul à soutenir clairement le GCO. Bon, il s’appelle Thibaut Vinci, ça ne s’invente pas ! Plaisanterie mise à part, au sein du PS strasbourgeois il y a trois ou quatre ans, il aurait été plutôt mal reçu. Mais les lignes ont bougé (heureusement pas les tracés), à gauche comme à droite. Ceci étant, le score de Benoît Hamon donne une portée modeste à ce soutien: 5,05% des voix.

« La République en marche » ne va pas marcher avec les marcheurs des cabanes, même si sa candidate Martine Wonner est personnellement opposée au projet. Elle défend des projets cohérents comme le TSPO, l’écotaxe et la VLIO (projet  qui n‘a pourtant de chance de se faire que si le GCO est réalisé). Mais elle est consciente du degré d’avancement du projet d’autoroute et sans doute aussi du risque de faire passer son opposition personnelle pour une opposition de son mouvement. Emmanuel Macron a fait 25,17% des voix dans cette circonscription.

EELV envoie au charbon une jeune candidate débutante, Nathalie Palmier . Et interrogé par Rue 89 Strasbourg sur l’opportunité d’une candidature anti-GCO, Maurice Wintz », vice-président d’Alsace Nature et opposant au GCO précise que « On y a pensé mais dans ces temps complexes, on avait peur d’être inaudibles sur cette seule question ». Intéressant, car Alsace Nature n’est pas un parti politique, sinon les aides publiques des collectivités ne lui seraient pas versées. Et accessoirement, le remboursement des frais de campagne est déclenché à partir de 5% des voix. Il vaut mieux sans doute garder une marge budgétaire en partie alimentée par lesdites aides publiques pour de nouveaux recours contre des actes administratifs nécessaires au projet… Et l’expérience antérieure de la candidature de Luc Huber maire de Pfettisheim n’a pas été concluante en 2012.

Le candidat de la France insoumise, Nicolas Schwartz,  est opposé au GCO.  Mélenchon avait fait 13,3% des voix dans la circonscription, mais moins dans les communes du Kochersberg. Le candidat du FN , Thibault Manteaux est d’Illkich-Graffenstaden. On ne voit guère de prise de position  sur le GCO dans sa communication électorale. M. Le Pen avait fait 21,37% des voix.

Conclusion : Prudence des uns et des autres.

Les opposants au projet espèrent que Nicolas Hulot va bloquer le dossier ou le « remettre à plat ». Ce dernier se souvient sans doute de l’accueil des militants d’EELV lors de la primaire pour la présidentielle de 2012, où Eva Joly lui a été préférée. Ne doutons pas  qu’il a compris la dérive d’une partie du mouvement écologiste qui a fait dans ce dossier comme dans d’autres le pari d’une opposition systématique sans proposer d’alternatives, crédibles et durables.