Le grand hamster va mieux, sauf dans le Kochersberg

Ce printemps, le dernier comptage des terriers de grands hamsters montre une hausse relative des terriers occupés. Pourtant, dans le Kochersberg, dans le secteur du futur GCO, il n’y a pas d’amélioration.

L’influence déterminante du terroir et des modes de culture

523 terriers en 2017, 400 en 2016

Le dernier comptage de l’ONCFS au printemps 2017 a dénombré 523 terriers occupés contre 400 l’année précédente. La compréhension des mesures efficaces pour la réintroduction semble progresser, puisque l’hiver 2017 n’a pas été particulièrement clément. Rappelons qu’environ 500 grands hamsters d’élevage sont lâchés tous les ans. La survie est donc meilleure.

La zone sud près de Marckolsheim augmente le plus, la zone centre progresse aussi

Lâcher de 70 hamster Elsenheim le 6 juin 2017 Photo DNA 7 juin 2017

L’évolution la plus favorable est la zone sud,  à Elsenheim à côté de Marckolsheim -où le nombre de terriers a cru de 160%, – petite zone de peuplement qui augmente bien. C’est le secteur où ont été lâchés en juin (après les comptages !) les 70 premiers grands hamsters de la compensation GCO (DNA du 7 juin 2017). On est loin du tracé, mais sans doute que l’avancement de l’aménagement foncier dans le secteur du Kochersberg permettra ensuite des compensations plus proches.

Le principal noyau de peuplement est dans la zone centre avec 316 terriers contre 254, notamment du côté de Krautergersheim, alors que le secteur Geispolsheim –Blaesheim est plus fragile.

La zone nord (Kochersberg) : pauvreté de la biodiversité

Voir la carte des zones centre et nord, et le dernier arrêté du Plan grand hamster 2017-2022.

Extrait du PPT de l’ONCFS de juin 2016 Zone nord

La zone nord qui comprend le tracé du GCO est relativement stationnaire: 77 terriers contre 70 en 2016, réparties sur deux petits secteurs éloignés l’un de l’autre sans passage possible de l’un à l’autre : Stutzheim-Offenheim et Ernolsheim sur Bruche. Voir la présentation de l’ONCFS de juin 2016

 

 

La zone centrale du Kochersberg comprenant le tracé du GCO est ainsi quasiment désertée par les grands hamsters, malgré des années de réintroduction. Or, comme l’indique l’ODONAT, « le Grand Hamster est un bon indice de la santé du milieu qu’il occupe ». C’est ce qu’on appelle une « espèce parapluie ». On peut donc s’interroger sur la qualité de la biodiversité dans ce secteur.

La posture d’Alsace Nature

Indépendamment de la réalisation de l’infrastructure, tant que les méthodes de culture ne changeront pas massivement dans le secteur du Kochersberg, il ne faut pas espérer une réintroduction réussie de l’espèce.

Kochersberg à l’automne

Et il est assez choquant de voir Alsace Nature utiliser systématiquement la protection d’un grand hamster inexistant  pour lutter contre un projet d’infrastructure, sans jamais évoquer les causes réelles de la disparition, et s’associant sans hésiter aux milieux agricoles, qui aujourd’hui, avec l’avancement des procédures d’aménagement foncier, ne se manifestent plus guère. .

 

La compensation par Vinci

Que le concessionnaire du GCO soit tenu à une compensation aux termes de la Directive Habitat est légitime, malgré la quasi absence du grand hamster aujourd’hui sur le tracé : le Kochersberg était un habitat du grand hamster. Et ces compensations permettront, si elles sont bien menées, de reconstituer des noyaux de peuplement viables, en utilisant le retour d’expérience de ces dernières années et les résultats de recherche conduites dans le cadre du programme Life Allister sur la survie du grand hamster.

L’aménagement foncier (remembrement) conduit par le Conseil Départemental devrait permettre de reconstituer un noyau de peuplement du grand hamster, à condition que les pratiques agricoles soient adaptées sur des surfaces suffisantes et d’un seul tenant.