Le grand hamster d’Alsace sauvage a disparu

Le grand hamster est en grave danger de disparition en Alsace alors que cette espèce est emblématique. L’union Européenne menace la France de lourdes amendes si des mesures efficaces ne sont pas prises. La question des causes de la quasi-disparition du rongeur est posée. Ainsi que celle de l’inefficacité des onéreux programmes de réintroduction.

Comment en est-on arrivé à la situation actuelle de quasi-disparition du grand hamster en Alsace ?

 

Le grand hamster n’est pas en danger à l’échelle globale

Le grand hamster n’est pas globalement une espèce en danger et ainsi la Convention de Berne a clos le dossier. Il reste en effet endémique en Europe centrale, orientale et dans les steppes d’Asie jusqu’au Kazakhstan.

carte du grand hamster en Europe centrale et orientale> Voir l’article de france3.fr sur les conclusions de la convention de berne

Le grand hamster est endémique en Europe centrale et orientale et dans les steppes d’Asie.
Source: Wikipédia

En Alsace il a quasiment disparu

Pour autant, en Alsace il a quasiment disparu à l’état sauvage.Or c’est une espèce emblématique dont la disparition est un indice de la perte globale de biodiversité du territoire.

Les captures qui ont été considérables (c’était un « nuisible »), ainsi que l’urbanisation et les infrastructures sont des causes jusque là identifiées de cette situation. Le facteur majeur semble être cependant l’évolution des pratiques agricoles. Comme par exemple l’utilisation de pesticides et la lutte contre les mauvaises herbes. De même que le compactage des sols par des engins de plus en plus lourds et surtout la modification des productions agricoles avec la prévalence du maïs, laissant les terres agricoles sans couvert végétal l’hiver.

La France développe un programme de réintroduction

Une plainte introduite par une association contre la France auprès de la Cour de Justice de l’UE a abouti à une condamnation de principe qui, faute d’action côté français, pourrait se traduire par une amende de plusieurs dizaines de millions d’€. Des plans successifs et très onéreux de réintroduction du grand hamster ont été mis en place, financés par l’État et les collectivités. Le plan de 2012 à 2016 se montait à 5M€ . Un élevage intensif a été développé et a lâché 500 animaux élevés en animalerie par an.  Des contrats (rémunérés) sur les types de culture sont passés avec des agriculteurs volontaires. L’objectif jamais atteint (et de loin) est de reconstituer un noyau viable de 1500 animaux. La fécondité des hamsters d’animalerie réintroduits est très faible, peu de femelles élèvent une portée. On accuse la prédation par les buses et surtout par les renards qu’un arrêté préfectoral (récemment annulé) permettait de tirer (!) .On installe des clôtures électriques autour des terriers .

Les arrêtés de protection, ancienne et nouvelle manière

Deux arrêtés pris en août et octobre 2012 prévoyaient des zones de protection stricte, dans lesquelles la présence du hamster était  présumée. Dans d’autres parties du territoire, des cercles de protection autour des terriers actuellement ou anciennement occupés excluaient tout projet. Ces zones couvraient une bonne partie du tracé du GCO. Les rédacteurs des arrêtés ont manifestement confondu le rayon (600m dans l’arrêté) avec le diamètre souhaitable de ces zones d’exclusion qui devaient protéger autour des terriers les distances connues de parcours d’un grand hamster.

Une procédure de dérogation prévoyait des compensations importantes demandées aux aménageurs dans ces territoires.

Des communes et syndicats mixtes de SCOT ont déposé un recours en annulation sur ces textes. En effet, la grande couronne ouest de Strasbourg se trouve dans la quasi impossibilité de se développer, alors que la survie du grand hamster était loin d’être assurée malgré ces contraintes très lourdes et un dispositif très onéreux  pour les acteurs publics et les aménageurs.

 

Le Conseil d’Etat a annulé ces arrêtés ministériels au printemps 2016.

Un nouvel arrêté sur un format un peu plus conforme à la biologie des grands hamsters, et avec des contraintes d’urbanisme plus limitées  a été  pris le 9  décembre 2016. La zone de protection stricte porte sur 9133 hectares.  La zone d’accompagnement est une bande  de 300m au delà de la zone stricte. Elle  peut contenir des zones urbaines ou à urbaniser. Les grands hamsters qui y sont éventuellement présents seront capturés et relâchés ailleurs dans une zone favorable.

Un espoir paradoxal récent  est apparu pour le grand hamster d’Alsace !!!