#GCO et concordat

Trois pasteurs de paroisses situées sur le tracé du GCO s’engagent publiquement contre le projet. Ils prennent un risque dans le cadre du Concordat d’Alsace Moselle. On peut aussi pointer leur manque de solidarité avec Strasbourg.

Not in my churchyard

Trois pasteurs de paroisses sur le tracé du GCO se sont engagés publiquement contre le GCO en occupant une roulotte du Bischnoï. Des cultes contre le GCO sont organisés, à Kolbsheim et une messe à Vendenheim. La pasteure de Kolbsheim fait sonner le tocsin lorsque les engins du concessionnaire se positionnent pour démarrer le déboisement autorisé le 20 septembre dernier.

Un mauvais coup porté au Concordat

Que les églises prennent position sur des enjeux de société, rien que de plus normal. Que des ecclésiastiques s’engagent à titre privé, on en connait tous. Mais là on est à la limite de l’exercice. Au moment où l’Alsace tente laborieusement de se reconstituer un périmètre, au sein ou hors du Grand Est, on donne des verges pour se faire battre. Les laïcards n’ont jamais baissé la garde contre le Concordat, et ces « boulettes » de quelques pasteurs (ils sont en première ligne) risquent encore de faire des vagues.

Eglise Saint-Léger Kolbsheim

Des pasteurs fonctionnaires

En effet, aux termes du Concordat en vigueur en Alsace-Moselle, les pasteurs, curés et rabbins sont des fonctionnaires rémunérés par l’Etat. Alors, voir des pasteurs prendre publiquement position contre un projet déclaré d’utilité publique, et se rendre, avec des échos dans la presse, photos à l’appui, dans une occupation illégale comme le Bischnoï, risque de faire grincer quelques dents. On peut imaginer que des « remontées de bretelles » discrètes mais fermes sont intervenues de la part de leur hiérarchie, ou du sous-préfet chargé des cultes.

Pas très solidaire tout ça…

Sur le fond maintenant de leur protestation : en cette année des 500 ans de la Réforme, les protestants strasbourgeois, saturés de la situation qui règnent sur l’A35, ne peuvent que s’étonner du manque de solidarité et de l’égoïsme fort peu charitable du type « not in my backyard » de leurs coreligionnaires du Kochersberg.