Contribution au grand débat concernant le #GCO

De la nécessaire cohérence de l’action de l’Etat dans la durée.

Le Gouvernement a lancé un grand débat national suite au mouvement des gilets jaunes. Ce débat risque fort d’amener divers lobbies contestataires dans différents domaines à profiter de cette tribune pour relancer leur combat. Pour ce qui concerne le GCO, son opposition à sa réalisation est très minoritaire et se réduit de mois en mois à mesure que le chantier avance, mais reste déterminée et organisée. Pourtant, une des revendications du  mouvement des gilets jaunes concernait les déplacements en voiture, notamment pour les habitants des zones périphériques et rurales, pour lesquelles on n’imagine guère, pour des raisons économiques, un développement massif et répondant à toutes les demandes des transports collectifs. Il importe donc de diffuser des propositions pour soutenir la réalisation du projet, et éviter le risque, peu probable à ce jour,  d’un revirement de l’Etat. J’ai posté la contribution qui suit sur le site du grand débat. 

Il est déstabilisant pour les citoyens de constater que l’action de groupes minoritaires parvient à ce que le Gouvernement renonce à des projets, notamment d’infrastructures, qui ont fait l’objet de validations techniques et juridiques successives dans leur procédure d’élaboration. Tout le monde garde en mémoire l’invraisemblable retrait de l’écotaxe, avec en conséquence des coûts en termes d’environnement et un considérable gâchis d’argent public. Et lorsque l’Etat a laissé s’installer un pourrissement de la situation depuis des années comme à Notre Dame des Landes, le renoncement devient quasi inéluctable pour le Gouvernement qui a hérité de l’abcès, referendum ou pas.

De telles situations ne peuvent qu’encourager les guérillas, sous couvert de défense de l’environnement, de semi-professionnels des « zones à défendre » qui vont s’appuyer sur les oppositions parfois disparates mais en général de bonne foi des habitants directement concernés.

Si les dispositifs d’élaboration des projets avec concertations, enquêtes publiques, rapports des commissions d’enquête et ajustements demandés par les services de l’Etat sont correctement conduits, il est choquant de retirer les projets ensuite par crainte des protestataires, car on ne fait que se préparer à la paralysie de tout projet public. Encore faut-il que les procédures soient bien construites et dans des délais raisonnables, ce qui n’est pas toujours le cas.

Le risque du Grand Débat, c’est de voir s’exprimer à son occasion ces lobbies d’opposition à tel ou tel projet, plus actifs et plus motivés que la plupart des citoyens.

Ainsi, on va voir dans le Bas-Rhin des opposants au contournement ouest de Strasbourg dont les travaux sont aujourd’hui bien engagés se manifester, alors qu’ils sont une cinquantaine d’opposants motivés, 200 ou 300 véritablement opposés au projet, et 2000 ou 2500 prêts à participer à une marche festive une ou deux fois dans l’année. Et en face, 170 000 usagers quotidiens coincés dans les encombrements de l’actuelle autoroute A35 qui passe en ville, sans compter les riverains asphyxiés par la pollution de l’air qu’elle génère. Pour ces usagers et habitants, le projet de contournement est enfin lancé, ce serait une erreur dramatique de revenir en arrière.