Les communes et le GCO : Vendenheim, commune enclavée par les infrastructures

Par sa situation géographique la Commune de Vendenheim se trouve enclavée par plusieurs infrastructures. Le tracé du GCO va encore contribuer à cet enclavement. Avec beaucoup d’activités économiques à proximité, la commune a pourtant des avantages de localisation, de bons équipements publics et un aménagement urbain favorable.

Un faisceau d’infrastructures autour de Vendenheim, secteur nord dynamique de l’Eurométropole

Des infrastructures: le canal de la Marne au Rhin, la voie ferrée classique et la nouvelle ligne LGV qui se dissocie du tracé ferroviaire classique vers le nord et circule en remblai, le RD 263, l’A4 et son échangeur avec l’A35 et maintenant le projet du GCO qui passe au nord à proximité de la commune vers le même échangeur, avec un projet de viaduc.

Des espaces d’activités : la Zone Commerciale Nord,  qui va connaître une extension et un réaménagement prochainement, avec de nombreux emplois et commerces qui rayonnent sur toute l’agglomération de Strasbourg et la moitié nord du Bas-Rhin, et plus à l’est, le site de l’ancienne raffinerie « de Reichstett », situé en fait  en partie sur le ban communal de Vendenheim, et qui connaît une transformation en « EcoParc » : grande zone d’activité de 85 hectares qui va accueillir de nouvelles entreprises et de la géothermie.

Une grande commune bien équipée avec des finances solides

Une commune de 5600 habitants à nouveau en croissance après une période de stagnation, avec un revenu médian disponible supérieur à la moyenne départementale, une proportion de ménages fiscalisés et un taux d’emploi par habitant supérieurs à la moyenne de l’Eurométropole, Vendenheim n’est plus un village mais un gros bourg, malgré l’atmosphère préservée de son centre.

Le niveau d’équipements sportifs et culturels est impressionnant au regard de la taille de la commune.

Peu endettée, la commune bénéficie d’un bon rendement de ses taxes locales (foncier bâti et non bâti, taxe d’habitation) notamment avec des bases foncières élevées. Cela place Vendenheim au 2eme rang des communes de l’EMS derrière Entzheim. Dans le passé, Vendenheim avait  beaucoup bénéficié de la taxe professionnelle de la Raffinerie (dont le siège était sur le ban de Vendenheim) et des entreprises de la zone commerciale. Ce n’est plus le cas, puisque la part de Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises (73%) que perçoit la commune la place dans la moyenne des communes de l’Eurométropole. Rappelons que la Contribution Foncière  des Entreprises n’est perçue que par l’Eurométropole.

Une commune bien reliée par le TER, mais très mal par le route.

Le TER relie la commune à la gare centrale de Strasbourg avec 26 aller-retour quotidiens en semaine. Des améliorations ont encore été récemment annoncées.

En revanche par la route, accéder à Vendenheim depuis la principale voie d’accès, la RD 263, n’est pas simple : un seul et unique passage sous la voie ferrée par la rue du Général de Gaulle. Quand il y a des travaux dans ce secteur (c’était le cas récemment) c’est l’enfer.

Pourtant dans le Plan de Déplacements Urbains de l’Eurométropole figure une voie nouvelle longeant la voie ferrée à l’ouest pour se raccorder à la RD 64 qui passe sous la voie ferrée dans la zone commerciale, près de l’enseigne Darty. Il semblerait que la commune de Lampertheim s’oppose à la réalisation de cette nouvelle voie (qui se trouverait sur son ban communal) La réalisation de cette voie paraît pourtant de bon sens.

Par ailleurs, l’échangeur de sortie de l’A4/A35 vers Mundolsheim, Lampertheim, Vendenheim devrait être reconfiguré et amélioré dans le cadre de la nouvelle ZAC de Strasbourg Nord.

plan des réseaux de transports à Vendenheim
Les infrastructures autour de la commune et les zones économiques

Le plan ci-joint a été réalisé avec « les moyens du bord » : le tracé du GCO et l’allure de l’échangeur avec l’A35 sont approximatifs, de même que la liaison à réaliser le long de la voie ferrée sur le ban de la commune de Lampertheim (en noir).

La réaction face au GCO

La commune de Vendenheim est la plus impactée par le GCO. On peut même dire que c’est à peu près la seule dont des habitations sont proches de la nouvelle infrastructure.

C’est notamment le cas du lotissement du Matterberg tout au nord de la commune, dont les maisons les plus proches seront à 80m du tracé. Ce lotissement a une histoire.

Le Schéma Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme de l’Agglomération de Strasbourg a été adopté en 1973. Il prévoyait le tracé de principe (donc imprécis) d’une infrastructure à long terme, le GCO.  Quelques années après, encore dans les années 70, la commune de Vendenheim a souhaité réaliser un lotissement de maisons individuelles, devenu le lotissement du Matterberg. On dit que ce sont 2 (ou 3 ?) agriculteurs, membres du Conseil municipal et propriétaires de terrains qui ont été à l’initiative de cette opération. Les fonctionnaires de l’Equipement (à cette époque, le GEP, Groupe d’Etudes et de Programmation au sein de la DDE), souhaitaient que ce projet ne soit pas autorisé, mais le Préfet de l’époque ne l’a pas bloqué.

Le bruit

Aujourd’hui se pose la question de la protection contre le bruit. Le cahier de charges du GCO prévoit une tranchée couverte dans ce secteur, tranchée tout juste inférieure à 300m de longueur. Au-delà de 300m un tel ouvrage est qualifié de tunnel et les contraintes sont sans commune mesure. La difficulté est que cette tranchée se situe peu après le franchissement du canal et de la voie ferrée, en sortie de l’échangeur. La LGV récemment réalisée est sur un remblai, et la SNCF exige des hauteurs au dessus des caténaires plus élevées que sur les voies classiques. Conclusion, la géométrie du viaduc  est impactée, notamment sa hauteur et sa pente. Ce viaduc sera réalisé sur l’échangeur et se prolongera à l’ouest.   Ainsi sa pente ne sera pas assez forte  pour que tout le lotissement soit en face de la tranchée couverte.

Le concessionnaire sera donc amené à faire de sérieuses protections anti-bruit le long de la trémie d’accès à la tranchée, pour atteindre les objectifs fixés par la réglementation pour les nouvelles autoroutes : 55Db de nuit, 60Db de jour. Ce n’est pas une « obligation de moyen » (on fait un mur anti-bruit et on voit ce que ça donne…), mais une « obligation de résultat », et ceci quelle que soit l’évolution du trafic ensuite. Il a donc intérêt à calculer large pour ne pas être obligé de tout reprendre. Les services de l’Etat qui contrôlent n’ont pas d’état d’âme à demander des reprises de travaux à un concessionnaire (ce ‘est pas l’Etat qui paye), alors que pour les autoroutes non concédées existantes la négociation des protections anti-bruit est un combat de plusieurs décennies (voir du côté de l’échangeur de la Porte de Schirmeck : les travaux sont enfin en cours après 20 ans de discussions !).

Conclusion: protections anti-bruit sérieuses et nouvel accès accès routier vers la RD64 sont des conditions indispensables pour l’avenir de la commune.