Enjeux de transports et d’aménagement de l’Eurométropole de Strasbourg

Une agglomération coupée en deux par l’A35, autoroute urbaine et de liaison surchargée, aucune solution alternative réaliste dans le réseau routier, une très mauvaise accessibilité routière malgré une position exceptionnelle dans la Vallée du Rhin, une desserte TER et un réseau de transports urbains respectivement parmi les meilleurs en France, la première ville cyclable de France et pourtant des taux de pollution de l’air du niveau de villes d’un million d’habitants et plus: tels sont les défis paradoxaux auxquels est confrontée l’Eurométropole de Strasbourg. Toutes les solutions devront être mises en œuvre de manière coordonnée pour sortir de cette situation pénalisante pour les habitants et les entreprises de l’Eurométropole et du Bas-Rhin, sur le plan de la santé publique, du développement urbain et du développement économique. 

 

Stratégie d’ensemble pour l’Eurométropole de Strasbourg : accessibilité, réduction de la pollution de l’air, développement urbain

Les transports collectifs

Il faut impulser une relecture des priorités du transport collectif dans l’Eurométropole, pour que les projets à venir  et la gestion des lignes de transports urbains existantes soient calibrés pour attirer les usagers de l’A35. Et pour le TER, on attend  le développement de la desserte du réseau de gares (existantes) dans l’agglomération et à proximité d’une part, et d’autre part la création de lignes TER « traversantes »  sur l’axe nord-sud. C’est-à-dire sans changement en gare de Strasbourg. La mise en place d’un RER sur les voies ferrées existantes sur « l’étoile ferroviaire de Strasbourg »  dans un périmètre d’attractivité de l’agglomération (en gros de Brumath à Erstein et de Kilstett à Molsheim) devrait être étudiée

La relation GCO/A35

La réalisation du GCO est indispensable pour accueillir le trafic de transit, les poids lourds  mais aussi les véhicules légers, améliorer la desserte de Strasbourg Ouest et mettre fin à la coupure Nord-Sud du Bas-Rhin.

Les infrastructures routières dans l'agglomération de Strasbourg Source: DREAL Grand Est
Les infrastructures routières dans l’agglomération de Strasbourg
Source: DREAL Grand Est

Seule la réalisation du GCO permettra de déclasser l’A35, qui n’aura plus le statut d’autoroute relevant de l’Etat, donnant ainsi les marges nécessaires pour son réaménagement. C’est la pierre angulaire du dispositif. Condition nécessaire mais non suffisante: la seule réalisation du GCO ne suffira pas à mettre fin  aux bouchons.

Accès routier : objectif  – 40000 véhicules/jour.

40 000 véhicules/jour en moins sur A35. Tel est l’objectif annoncé par les services de l’Etat pour atteindre les objectifs de lutte contre la pollution de l’air et restaurer une certaine fluidité. Sur ces 40 000 véhicules 20 000 à 25 000 emprunteront le GCO, dont de nombreux poids lourds. Les autres actions visent les 15 000 à 20 000 autres véhicules à « sortir » de l’A35 (article à venir). Le réaménagement à court terme aura aussi pour objectif d’éviter d’attirer de nouveaux usagers, notamment aux heures de pointes, dès la  mise en service du GCO. Et, peut- être, d’amener des usagers actuels à d’autres pratiques

A plus long terme

L’objectif à long terme est une couture urbaine,  entre le centre-ville et les quartiers ouest et une nouvelle approche globale  du fonctionnement urbain de l’agglomération qui nécessitera un long cheminement de concertation. Le trafic interne et d’échange pourra peut-être se faire par un boulevard urbain.

D’autres infrastructures

Des infrastructures routières nouvelles dans l’agglomération Strasbourgeoise devront être réalisées dans l’agglomération. A commencer par un accès nord du Port de Strasbourg . La situation actuelle obligeant les PL venant du nord à un trajet de  40,à 45 Km  depuis l’échangeur A35/A4. Soit 20 à 25Km de trop en tissu urbain. La VLIO est attendue, avec en complément un transport collectif de type « bus à haut niveau de service » proposant une rocade ouest de l’agglomération. La VLIO devra remplir sa mission de voie de desserte intercommunale pour éviter que les trajets entre communes de l’arc ouest ne se traduise par l’usage de l’A35.

Et le fret ferroviaire ?

Et bien sûr, on peut espérer un développement du fret ferroviaire. Outre que, même performant, il n’apporterait qu’une réponse partielle à la question du trafic PL. On peut aussi considérer qu’après 30 ans de déshérence par la SNCF, sa relance ne dépend pas des collectivités. Mais relève aujourd’hui de l’incantation.

Des évolutions techniques et sociétales

On peut bien sûr espérer une limitation progressive des émissions polluantes du parc automobile. Notamment par la mise en application de nouvelles normes, et la lente réduction du parc  des diesels. L’âge moyen du parc automobile est  de 8,4 ans pour les voitures particulières et de 7,5 ans pour les PL. Ces durées lissent dans le temps la réduction effective de la pollution de l’air. Il conviendrait pourtant de mettre oeuvre dès avant la mise en service du GCO des mesures de restriction de la circulation des véhicules polluants sur  la partie centrale de l’A35 lors des épisodes de pointe de pollution

Le télétravail, dont on parle depuis 20 ans semble connaître aujourd’hui un développement qui sera favorisé par la couverture progressive de l’Alsace par la fibre optique. Il est encore difficile de prévoir quand ces développements auront une incidence perceptible sur les migrations domicile-travail.

Il n’y aura pas de solution unique pour améliorer les conditions d’ accès à l’Eurométropole de Strasbourg, au niveau de pollution de l’air et à la coupure urbaine induite par l’A35. Tous les leviers devront être activés, et le temps presse,  la tendance de fond est une reprise de l’augmentation du trafic sur l’A35, avec un pourcentage accru de poids lourds. Le timing va être déterminant: il faut rapidement prévoir les conditions de réussite de la mise en service du GCO pour, a minima, maintenir le bénéfice de la réduction de trafic sur l’A35 induite par le GCO. Et poursuivre la construction concertée de toutes les solutions alternatives en faveur d’un meilleur fonctionnement urbain

 

Organisation du blog…

Les articles sont classés en trois catégories

 

  1. L’A35 aujourd’hui
    articles sur les trafics qui empruntent l’autoroute, le cas des poids lourds, la pollution de l’air, la place de la voiture en ville, les enjeux économiques…
  2. La stratégie à l’échelle de l’agglomération
    articles sur les composantes de cette stratégie: les transports collectifs, le transport de marchandise, l’écotaxe, les composantes du projet de GCO (COS, A355), le réaménagement de l’A35, les enjeux d’urbanisme aux abords de l’A35
  3. Contexte et contraintes du projet GCO (COS A355)
    agriculture et GCO, biodiversité dont le grand hamster et GCO, péage et urbanisation, différentes oppositions au projet, archéologie, paysages, bruit….
  4.  Et une rubrique « Actus »